Parodie de l’Évangile selon saint Jean

Parodie de l’Évangile selon saint Jean

Au commencement de l’année 1772 existait dans la France une âme bienfaisante. Cette âme était Choiseul, et Choiseul était la confiance de son roi. Toutes choses étaient faites par lui et rien n’était fait sans lui. Dans lui était la gloire, et la gloire devait faire le bonheur des Français ; le bonheur devait luire après la paix ; mais la paix fut faite, et on ne vit pas le bonheur. Il y eut un homme envoyé du Diable, et du Diable possédé, qui s’appelait Maupeou. Il vint pour détester la France, afin que les Français le détestassent ; il n’était pas juste, mais il vint pour détruire la justice etla faire haïr de celui qui devait la protéger ; c’était cette justice qui met un frein au crime en punissant le coupable, et qui fait la félicité des peuples. Maupeou avait été un de ses ministres, mais pas aussi pur que l’or qui sort du creuset ; la justice ne souffre rien d’impur dans son sanctuaire, mais elle couvre de gloire les véritables ministres, et ceux qui la reçoivent comme le principe de toutes choses, ceux qui croient en son nom, qui ne sont point nés du sang des tigres, ni des désirs infernaux de la Vengeance, ni de cette volonté cruelle, d’une haine inhumaine, mais du désir de la justice même. Cependant Maupeou a été fait chancelier ; il a habité parmi nous, plein d’horreur et d’exécration, et nous l’avons vu, non seulement détesté, mais encore nous le verrons par la grâce de Dieu bientôt pendu et écartelé. Deo gratias.

 

Numéro
£0343


Année
1772


Références

BHVP, MS 703, f°262r

Mots Clefs
Parodie de l'Evangile sur la réforme Maupeou