Le logement des nations

Le logement des nations


Les Hollandais, à la Balance, près l’Observatoire.

Les Hollandais ne se sont pas déclarés, et ont toujours fourni des secours d’hommes et d’argent ; mais leurs troupes n’ont fait que se promener sans coup férir.

Les Anglais, au Léopard, rue d’Enfer.

Les Anglais sont l’âme, le boutefeu et les plus intéressés à la guerre présente.

Les Français, à la Linotte, près le Cimetière des Innocents.

On en peut juger par tout ce qu’ils ont fait depuis le commencement de la guerre.

Les Espagnols, à la Tortue, sur le quai des Morfondus.

L’expérience le confirme.

L’Empereur, à la Charité, rue de Bourbon.

L’Empereur dépouillé ne susbsiste que par les secours de la France.

Le Roi Stanislas de Pologne, à la Tabagie, rue des Oubliettes.

Quoique très capable on ne l’emploie pas ; il fume sa pipe.

Don Philippe, à la Bonne Aventure, rue du Hasard.

On pouvait le loger à Chambéry, puisqu’il a fait la conquête de la Savoie ; mais il peut être douteux qu’il règne delà les monts.

Le roi de Prusse, au Camélon, près les Jésuites.

Le roi de Prusse a été sous les armes pendant 1742 et 1743, sans se laisser pénétrer de quel côté il tournerait. Ce n’est qu’au mois d’août 1744 qu’il est entré dans le traité d’union de Francfort avec l’Empereur, la France et l’Espagne, et quelques princes d’Allemagne.

La reine d’Hongrie, à la Fortune, Place des Victoires.

La reine d’Hongrie avait beau jeu en 1743.

Le roi de Sardaigne, à la Mauvaise Alliance, rue Saint-Claude.

L’intérêt particulier du roi de Sardaigne l’a uni à la reine d’Hongrie et à l’Angleterre, mais en fin de compte il pourrait bien avoir fait un mauvais marché.

Le maréchal de Maillebois, rue de l’Ecrevisse, au Cherche-Midi.

On reproche au maréchal de Maillebois de n’être point allé jusqu’à Prague, après être venu de la Westphalie jusque dans le coeur de la Bohême, mais on est persuadé qu’il avait des ordres du cardinal Fleury.

Le maréchal de Broglie, au Sacrifice d’Abraham, rue Royale.

Le maréchal de Broglie, après s’être sacrifié à la défense de Prague, a été disgracié pour avoir parlé trop franchement à l’Empereur.

Le maréchal de Noailles, à l’Epée de Bois, rue Montorgueil.

La journée de Dettingen rendra éternelle la poltronnerie du maréchal de Noailles.

Le cardinal de Tencin, à la Pucelle, rue du Renard.

C’est le renard pour qui le raisin n’est pas mûr.

Le prince de Conti, à l’Espérance, petit hôtel de Condé.

Ce prince a bien rempli les espérances par sa bravoure extraordinaire ; sa campagne de 1744, en Italie, lui  fait infiniment d’honneur, quoiqu’elle n’ait pas eu tout le succès à la fin.

Le comte de Saxe, à la Renommée, au Luxembourg.

C’est en effet le général sur lequel on doit le plus compter, n’ayant pas fait la moindre bévue depuis le commencement de la campagne.

Le comte de Gramont, au Grand Sacrificateur, rue Montmartre.

Ce fut le comte de Gramont, lieutenant-colonel du régiment des Gardes Françaises, qui engagea mal à propos l’affaire de Dettingen, et qui a causé la perte de tant d’hommes, ce qui ne serait pas arrivé si on eût attendu ou envoyé un plus grand nombre d’hommes.

M. de Vallière, au Bon Chasseur, rue des Noyers.

Les Anglais restés sur le champ de bataille de cette journée, furent l’ouvrage de M. de Vallière, lieutenant-général d’artillerie.

Les Suédois, à l’Y-Grec, quartier des Invalides.

Les Suédois n’ont pas pu faire grand-chose, par l’embarras où ils étaient de la succession éventuelle au trône de Suède.

Numéro
£0146


Année
1743 décembre


Références

Bois-Jourdain, II, 152-55

Mots Clefs
Le logement des nations, Guerre de succession d'Autriche, revue de détail internationale