Aller au contenu principal

Avis au public

Avis au public1

Messieurs et dames. 

Le Sieur de Conilli Boni, fameux opérateur florentin, arrivé depuis peu de jours en cette ville, vous fait savoir qu’il a un remède très précieux, qui préserve toute sorte de personnes de la morsure des serpents indiens, appelés vulgairement jésuitiques, ou en termes chirurgiques, gomorrhiens, leur souffle donnant la peste sans guérison, et leurs morsures la mort sans remède. Comme il a appris que ces animaux infernaux faisaient un grand ravage dans cette province, qu’ils n’épargnaient si hommes, ni femmes, jeunes enfants, et encore moins les filles, la charité m’a obligé de venir au secours pour vous offrir mon remède, qui est l’unique préservatif contre ces sortes d’animaux. C’est un emplâtre que je compose avec du fin acier fait en ovale ; son ressort est très fort et droit, tout parsemé de dents taillées en pointe de diamant, plus tranchantes que des rasoirs ; la ceinture est de cuir avec sa boucle de corne en forme de cadenas. Il faut la mettre entre les deux fesses et se ceindre sur le nombril, et lorsque le serpent vient attaquer la partie excrématique dont il est si avide, le ressort se débandant lui coupe la tête et l’acier préserve du souffle. Vous voyez que ce remède très usité dans toute l’Italie peut  seul vous préserver de cette infâme maladie, et toute votre famille. J’en fais pour toutes sortes de gens et d’âge, même jusqu’à quatre-vingts ans. Vous n’avez qu’à envoyer, je les vends à juste prix,  aux pauvres gratis. Je viens de Toulon et pars après-demain pour Nevers. Ainsi il faut vous presser. Je suis logé rue des Trois Cornes, à l’enseigne de la Méfiance.

  • 1Affiche qui a paru à Aix au mois de mai 1731 (M.)

Numéro
£0042


Année
1732




Références

F.Fr.23859, f°20 - Turin, p.53-55