Rhapsodie gauloise. Livres imprimés à Utrecht l'année 1735

Rapsodies gauloises1


Livres imprimés à Utrecht en l’année 1735, composés d’écrits de différents auteurs sur différentes matières, divisés en autant de chapitres qu’il se rencontre de sujets.

La manière de faire des énigmes et l’admiration qu’elles doivent causer, même avant que le peuple les comprenne. Par le pape Clément XI et approuvé par ses successeurs2.

Traité du silence et de la timidité, mêlé de notes sur la paresse, avec la manière de signer son nom sans savoir pourquoi par S.M.T.C.

Remarques sur la conduite des ours qu’on mène par le nez, par le duc d’Orléans3.

La fable de l’aigle à qui un chat veut crever les yeux, par le duc de Chartres4.

Utilité des femmes5, l’art de se conduire pendant la semaine, le secret de se consoler dans les disgrâces et la vie du Cyclope Polyphème, par le duc de Bourbon6.

L’art de s’amuser bravement à la chasse pendant la guerre, par le comte de Charolais7.

Exhortation pathétique d’un homme d’Église à une danseuse et l’art de faire des présents aux dépens de ses créanciers, par le comte de Clermont8.

Traité de la grandeur et de la générosité, avec la vie des grands princes, par le prince de Conti9.

Traité de l’ennui et de la mauvaise grâce, par les reines de France et d’Espagne10.

Préceptes sur les mauvais naturels et sur la persécution que l’on doit exercer envers les enfants, par S.A.S. Madame la duchesse d’Orléans.

Les ruses des filous de Paris, par le prince de Carignan11.

La dévotion aisée et commode, par la princesse de Carignan12.

Comme la tête tourne, et que l’on a la berlue, par les nouveaux maréchaux de France, de Noailles, de Coigny et de Broglio13.

La manière dont on annonce la réponse des idoles, par le comte de Maurepas14.

Une consultation pour concilier l’inclination au bien avec la criminelle complaisance de se livrer tous les jours au mal, par le cardinal de Fleury15.

Réflexions sur le galimatias et sur les écarts d’une esprit égaré, avec l’ennui de la solitude, par le chancelier d’Aguesseau16.

Maxime pour faire fortune et l’art de vaincre la peur17, par M. Chauvelin, garde des Sceaux18.

Les sentiments de Judas en baisant son maître lorsqu’il le trahit, par les secrétaires d’État19.

Compilation des sentiments des déistes, par les seigneurs de la Cour, soutenue de l’approbation d’un grand nombre d’évêques20.

La liste des plus affreux mensonges et l’apologie d’une tête folle, par M. Languet, archevêque de Sens21.

Addition de la Vie de Sancho Pança, à l’endroit où il voulait affermer son royaume pour vivre grassement de ses rentes, par l’archevêque de Paris22.

Traité de l’entêtement, de l’ignorance et de la modération affectée, par le cardinal de Bissy23.

Dissertation sur l’usure, sur la simonie et la manière de profiter du scandale de ses proches, par l’archevêque d’Embrun.

L’art d’accorder la fureur, la folie, la mauvaise foi avec l’invocation du Saint Esprit et les corrections de Saint-Lazare, par l’évêque de Laon24.

L’apologie des comédies du Joueur et du Glorieux, avec l’analyse de la farce du Nom supposé, par M. l’archevêque de Vienne25.

Réflexions sur le mauvais exemple et l’instabilité, avec l’art d’emprunter et une nouvelle explication des sentiments des Pères, par cent dix évêques et archevêques de France26.

Traité de l’idolâtrie chinoise et des délices du Paraguay, de la conciliation du molinisme et du quiétisme, avec la politique suivant les préceptes de Machiavel, augmenté de la petite fable du singe qui se sert du chat pour tirer les marrons du feu, par le pères jésuites27.

L’exemple du danger des grandeurs et des richesses, avec la relation d’un pénible voyage dans un pays peu fréquenté, par M. de Ségur, ancien évêque de Saint-Papoul28.

Traité de la rigidité spéculative, corrigée par une conduite plus aisée, avec des réflexions sur le temps passé, par le curé de Saint-Paul29.

Le pour et le contre de la foi, également soutenu par le S.Parquet, curé de Saint-Nicolas-des-Champs.

L’art d’endormir le mulot, la description du secret de l’économie des bâtiments, par le curé de Saint-Sulpice30.

Ce qu’était la besoigne de Coigne festu, et les éclaircissements du combat de Jacob et d’Esaü dans le ventre de leur mère, par MM. du Parlement31.

Avis salutaire pour éviter le mépris, et un autre sur la difficulté d’être ami de tout le monde, par M. Portal,  premier président32.

Dissertation sur l’orgueil, et sur les concessions, avec les inconvénients de l’élévation imaginaire des gens de bas aloi, par les avocats du Parlement33.

Traité des jugements précipités, des violences et des profanations, avec un état des profits que l’on peut en tirer à contrefaire l’aveugle, par le lieutenant général de police34.

  • 1. Il y a toujours des gens oisifs qui font leur occupation de critiquer les gens en place. Il court dans le public un écrit intitulé : Rapsodies gauloises. Livres imprimés à Utricht en 1735 (Barbier) – Toutes les explications fournies se trouvent dans Barbier.
  • 2. Les 101 propositions de la Constitution Unigenitus dont les papes ne veulent point donner d’explication.
  • 3. Il est continuellement en dévotion à Sainte-Geneviève auprès du curé de Saint-Paul qui le dirige entièrement et ne se mêle d’aucune affaire d’État.
  • 4. C’est un prince fort aimable pour son âge. C’est apparemment sur le changement de son gouverneur, qui est L’Aigle.
  • 5. Utilité des sangsues (Barbier)
  • 6. Pendant son ministère il s’est fort enrichi ; il n’est plus en faveur depuis longtemps ; il fait le dévot ; il est toujours à la chasse et n’a qu’un œil.
  • 7. Il est enfermé dans une petite maison, dans un faubourg de Paris, avec madame de Courchamp, la femme du maître des requêtes. On ne le voit nulle part.
  • 8. Il a pour maîtresse la Camargo ; il jouit d’un gros revenu en bénéfice, et doit beaucoup.
  • 9. Cela est vrai ; mais il ne laisse pas que d’être débauché et se ruine par une générosité inconsidérée.
  • 10. Toutes leurs occupations sont mesurées et elles ne font guère ce qu’elles veulent.
  • 11. Celui-ci escroque tout le monde et ne se conduit pas en prince.
  • 12. Elle fait la dévote, tire de l’argent des affaires qu’elle fait faire en cour par le canal du cardinal-ministre, auprès de qui elle est bien.
  • 13. Effectivement on n’est pas content de leur besogne.
  • 14. Ce secrétaire d’État est, à vraiment parler, le premier commis du cardinal de Fleury et du garde des Sceaux Chauvelin qui sont les maîtres. Comme il a le département de Paris, c’est lui qui signe tout ce que les autres décident et ordonnent.
  • 15. Il semblerait par là que ce serait le garde des Sceaux qui lui ferait faire le mal. Cependant on convient qu’on perdra à sa mort.
  • 16. C’est le plus habile homme du royaume pour droit public et particulier ; mais rien de l’esprit qu’il faut à la cour. Il n’a aucun cédit et ses antichambres sont vides.
  • 17. Et l’art de la prudence (Barbier).
  • 18. Voilà un beau portrait ; son élévation en est la preuve.
  • 19. C’est la faute du maître ; aucun ne resterait en place s’il agissait autrement. Ils ne sont maîtres de rien.
  • 20. Cette religion n’est pas celle des sots.
  • 21. C’est au sujet de ses mandements ; il est très vif sur les matières de l’Église.
  • 22. On lui a toujours reproché d’aimer à manger. Il fait mieux que de disputer sur rien.
  • 23. Son diocèse a toujours été tranquille ; on n’y parle point de Constitution.
  • 24. Le Parlement n’est occupé qu’à supprimer ses écrits. Il ne se rebute point ; il est extrême dans sa conduite, et croit par son zèle outré attraper un chapeau.
  • 25. Il est grand joueur ; c’est au sujet de leur nom de La Tour d’Auvergne, au lieu de La Tour en Auvergne.
  • 26. Le Clergé a fait perdre à tous ses créanciers. Le reste s’entend bien.
  • 27. Le Paraguay est un pays dans le Pérou dont ils sont souverains, où ils ont des richesses immenses, qui servent dans le besoin à la Société dans toute l’Europe.
  • 28. Sur la démission de son évêché et sa retraite.
  • 29. Il a changé deux ou trois fois du jansénisme au molinisme. On ne sait ce qu’il est, et c’est un cagot qui en sait long.
  • 30. Il a attrapé bien de l’argent des riches dévotes de sa paroisse et il a établi une communauté de filles très jolies et bien entretenues, dont il et le maître et le directeur.
  • 31. Effectivement toutes leurs assembléss et leurs remontrances n’aboutissent à rien, et ils se mêlent de ce qu’ils n’entendent pas.
  • 32. Comme il n’a pas assez de naissance pour la place qu’il occupe, il est embarrassé pour ménager la Cour et sa compagnie, et il est par là méprisé des deux côtés. S’il ne s’agissait que des affaires du Palais, c’est un fort bon magistrat.
  • 33. Le public se plaint qu’ils se font trop payer. Cet intérêt vient du temps du système, où rien ne coûtait en papier. Ils veulent être indépendants et se mêler des affaires publiques. La critique est juste.
  • 34. Ce reproche est au sujet des affaires de la Constitution. Depuis le temps que durent les recherches dont il est chargé, les frais de dépense sont considérables ; on lui en remet les fonds. Plus cela dure, et moins il a dérangé ses affaires. Il doit être très riche.

Numéro
£0203


Année
1735


Références

Maurepas, F.Fr.12633, p.413-18 - F.Fr.13661, f°173-175 - F.Fr.15147, p.282-90 -F.Fr.15149, p.266-67 -  Barbier, III, 23-29

Mots Clefs
Rhapsodie gauloise. Livres imprimés à Utrecht l'année 1735, revue de détail